Verhofstadt-Magnette sur l’Europe

Intéressante discussion sur l’Europe dans les jardins et salons du Parlement Bruxellois ce lundi.  Guy Verhofstadt et Paul Magnette sont des européens convaincus mais chacun ose le débat sur cette construction bancale.

Intéressante discussion sur l’Europe dans les jardins et salons du Parlement Bruxellois ce lundi.  Guy Verhofstadt et Paul Magnette sont des européens convaincus mais chacun ose le débat sur cette construction bancale.

Magnette regrette d’avoir attendu si longtemps pour critiquer, sans doute poussé dans le dos par une opinion publique de plus en plus audible.

Pour Verhofstadt, pas de souci pour critiquer, et depuis longtemps. L’Union européenne n’existe pas…nous sommes dans une confédération d’Etats-nations vouée à l’immobilisme en raison de processus de décisions impraticables. Le poids donné au Conseil européen (la réunion des chefs d’états) et le vote unanime a coulé l’idéal des fondateurs : une union de plus en plus étroite pour réaliser des politiques communes. L’échec actuel devrait entrainer un électrochoc et un retour vers cet idéal d’union. Une union nécessaire en ces temps de terrorisme, de chômage, de globalisation…

Magnette trouve ce discours trop institutionnel et demande un nouveau contenu, un nouveau projet. Par exemple la lutte contre la fraude fiscale, un grand emprunt et des travaux d’efficacité énergétique et des transports publics. Verhofstatdt maintien que le problème est institutionnel. L’Europe est ingouvernable. C’est comme si les Etats-Unis étaient gouvernés lors de quatre ou  six réunions par an  par les Gouverneurs des  Etats, sans administration, sans moyens de fonctionnement.

 Il faut pouvoir décider d’une politique commune de défense, de gestion des migrations (les deux hommes s’accordent sur le mauvais accord avec la Turquie qui a donné les clefs de l’Europe à Ankara), d’une nouvelle gouvernance de l’eurozone  (il n’y a pas de monnaie sans gouvernement).

Plusieurs questions sont encore abordées sur le lien Europe-Régions, la possibilité d’une liste européenne transnationale lors des prochaines élections européennes de 2019 : 73 sièges seront disponibles au départ du Royaume Uni, le manque de leadership des dirigeants actuels… Là-dessus l’ancien premier ministre libéral et l’actuel président wallon socialiste sont d’accord !

Beaucoup d’étudiants dans la salle, il est temps que les vocations s’affirment et s’accrochent car les fractures ne sont pas entre libéraux et socialistes mais entre le repli nationaliste et la construction d’une entité politique capable de jouer dans la cour du monde. Joli DéFI libéral-social.

 

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