Philippe Maystadt : allumer les étoiles.

Ce ne sont pas des mémoires, ce n’est pas un testament mais presque … Dans son dernier livre : « Des lieux et des moments - comment on décide en politique » (éd. Avant-propos) Philippe Maystadt souhaitait modestement aider le lecteur à comprendre comment se prennent les décisions politiques dans les lieux de pouvoir qu’il a fréquenté.

Qu’est-ce que l’agenda politique ? Quels sont cercles de la décision ? Comment se prennent les décisions ?  Par le compromis, le fait accompli, le chantage, le rejet, par défaut, par coordination. Chaque cas est illustré par un lieu, par un dossier.

Le Val Duchesse a connu bien des compromis, mais aussi un modèle de décision par chantage qui a marqué l’homme de Charleroi. « Eté 1993… Comme il faisait très chaud en ce mois de juillet, nous étions réunis sur la terrasse à l’entrée du château de Val Duchesse, en présence de Jean Gandois. Charles-Ferdinand Nothomb, que ces discussions ennuyaient, allait souvent se promener dans le parc. En revanche Jean Gol et moi, les plus directement concernés, étions très attentifs et écoutions avec consternation les déclarations de nos collègues flamands. Pour ces derniers, la position était simple : « Si vous voulez sauver Cockerill-Sambre, il faut payer avec de l’argent wallon. » Le plus excité était Willy De Clercq… En fait, suite à ce chantage sur la survie de Cockerill-Sambre, nous avons mis le doigt dans l’engrenage de ce que les flamands appellent la » responsabilisation », ce qui veut dire que chaque région doit se débrouiller avec ses propres moyens. Les réformes successives de l’Etat, y compris la sixième, sont allées de plus en plus dans cette direction. »

1024px-Ambrogio_Lorenzetti_-_Allegory_of_Good_Government_-_Google_Art_Project.jpg

Le dernier chapitre : Palazzo  pubblico – quel gouvernement ? , prend pour cadre Sienne et la fresque de Lorenzetti  et permet à l’auteur d’aborder les évolutions majeures du gouvernement vers la  « gouvernance ».

La conclusion est un appel confiant aux nouvelles générations : Ne pas se résigner, il faut ranimer la flamme qui fait de nous des acteurs de notre histoire et pas seulement les victimes des forces capitalistes ou les jouets des fantasmes populistes. Citant Apollinaire : « Il est grand temps de rallumer les étoiles ». On compte sur lui là-haut !

Les commentaires sont fermés.