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  • Heureusement qu’il y a la musique…

     

     

       En ce 1er janvier 2011, le bouillard règne sur la Belgique et le plan igloo est de rigueur : on reste chez soi.

      Heureusement, il y a la musique et j’écoute les 3ème  et 4ème CD (d’un coffret de 50 !) des œuvres enregistrées par l’Orchestre philarmonique de Liège qui vient de fêter  ses 50 ans. Je ne suis pas spécialiste et découvre ainsi François-Joseph Gossec et une superbe Grande – Messe des Morts. L’homme m’intéresse et je découvre sa biographie publiée par Claude Role publiée chez l’Harmattan en 2000.

       François-Joseph  Gossé dit « Gossec » (1734-1829) est né à Vergnies (ou Vernies), Comté de Hainaut, relevant, à cette époque du Royaume de France et de la Principauté de Liège pour le spirituel. Aujourd’hui, c’est l’entité de Froidchapelle en Wallonie.

    Sa carrière de musicien  le fait passer de Walcourt à Anvers -  peut-être Bruxelles -  et puis Paris…

    Décédé en 1829 sous Charles X, il aura traversé tous les régimes et vu changer le monde, sans revoir sans doute son village natal.

       Vergnies aussi s’adapte à tout. Entre 1435 et 1830 , le village aura changé treize fois d’appartenance territoriale !

      Me reviens le souvenir de la conférence de Régis Debray : « Éloge des frontières » publiée chez Gallimard. Tonique réflexion sur le concept de frontière : celle qui construit, qui élève, qui filtre, qui fait exister. La peau est une frontière !  Oui, il y a des limites. La note de musique n'existe que par le silence qui l'entoure.

    Cette Grande - Messe des Morts n’est pas triste.

     

  • Cela s'est passé en 2008

    Il y a quelques heures dans une grande surface d’Etterbeek. Devant moi dans la file, un homme jeune demande à la caissière de s’exprimer en flamand. Celle-ci s’excuse gentiment et explique avec un léger accent qu’elle ne comprend pas encore bien. L’homme poursuit, en français :

    -« Vous venez d’où ? ».

    -« Du Kazakhstan … Au moins je travaille « (sous-entendu : elle a déjà entendu le discours sur les étrangers profiteurs)

    - «ça ne va pas, la Belgique… vous feriez mieux d’aller en Angleterre ou aux Pays-Bas »

    -«  Moi, j’aime la Belgique. Bonnes fêtes, Monsieur ».

    Dialogue feutré dans lequel suintait tout le racisme de certains…  Mauvais souvenir.

    De 2008, je garderai le bon souvenir du sourire de Quentin, né le 16 juillet. Treizième de mes petits neveux. Mademoiselle X, la quatorzième est attendue pour janvier. C’est à cette génération que nous confions le monde. C’est à elle que vont mes meilleurs souhaits !

  • 11 novembre 1918 - SOUVENIR

    Mon père Xavier, jeune engagé volontaire, rescapé de la grippe espagnole, est soldat au camp d’Auvours - dans la Sarthe, près du Mans - où il parle flamand et wallon avec ses camarades. Ils gardent les centaines de prisonniers allemands qui arrivent chaque jour.

    Octobre 1918, il est détaché au bataillon qui doit rétablir les  chemins de fer dans la Belgique reconquise. Direction Adinkerke. Il faut charger des tonnes de sable dans les camions. Le sable est destiné à assécher le terrain du côté de Roulers pour placer les voies de chemin de fer, les routes, les canons.

    Extrait d’une lettre du 9 novembre à sa sœur : « Le travail devient intéressant- nous plaçons ces jours- ci  un aiguillage. Ceci est un travail qui exige pour moi autant de patriotisme et de patience que le vrai métier de soldat exige de courage. Si la guerre cesse bientôt, cela m’est égal mais cela ne peut durer éternellement- nous sommes tous ici  de cet avis. Qu’en pensent Papa et Maman ? ». 

     

  • Quand Jacques BREL ouvre les frontières...

     

    Merci aux lecteurs de ce blog qui ont eu l'amabilité de m'envoyer des vœux. A chacun, je souhaite également une heureuse année 2008.

    La tradition veut qu'au passage d'une année à l'autre, on raconte un beau souvenir de l'année qui s'en va.

    Début octobre, je quitte Montréal pour Chicago. J'étais prévenue : les Etats-Unis se referment sur eux-mêmes, le passage de la frontière est une véritable épreuve, avec file d'attente, interrogatoire serré, fouille des bagages....

    J'arrive à la douane, passeport à la main. Prise d'empreintes digitales. Dans un français, certes approximatif le douanier me demande : « Vous êtes de la Belgique, le pays de Jacques Brel ? » et entonne  « Quand on n'a que l'amour... ». J'enchaîne ... «  à offrir en partage... ».  En chœur : » Quand on a que l'amour à offrir en partage... ». J'étais  aux Etats-Unis. Et Chicago, c'est vraiment très beau...