Villes et Régions

  • Londres, les vélos de Boris changent de couleur

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        En Grande-Bretagne, la campagne électorale bat son plein. Les rouges et les bleus sont roue dans la roue. Travaillistes et Conservateurs ne se départagent pas. La course est rude.

       Quoiqu’il arrive, les « Boris Bikes », les vélos du Maire conservateur de Londres - Boris Johnson  – changent de couleur : du bleu de la Banque Barclays, ils passent, en avril, au rouge de la banque Santander, pour sept ans.

    A Londres, c’est le vélo lui-même qui est le support publicitaire - assez discret - du système de vélo en libre-service.

        Santander paiera  25% de plus que Barclays. C’est encore insuffisant, pensent pourtant les observateurs, pour couvrir les coûts d’exploitation du système qui est opéré par « Transport for London », la STIB locale. En 2013/14 la facture nette à charge du Trésor public était de £10,8 millions soit, en €, près de 15 millions.

       Le flamboyant maire de Londres annonce qu’il s’agit de l’opération de sponsoring la plus lucrative au monde pour le secteur public.

         Les cyclistes devraient être très heureux de trouver une bécane via presque mille stations, de payer £2 par jour ou £90 par an, de bénéficier d’une réduction de 3% sur le prix du train et du métro à condition d’être client de la banque Santander.

     

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     Le siège de l'assemblée du Grand Londres (arch. Foster) et promenade le long de la Tamise.

     

     

     

  • Communauté métropolitaine de Bruxelles – horizon lointain

       La Cour constitutionnelle, dans son arrêt n° 73/2014 du 8 mai 2014, publié au Moniteur Belge ce 26 juin, rejette les recours - sous tous les prétextes -  de quelques conseillers communaux des communes flamandes de Lennik, Grimbergen, Kampenhout, Sint-Pieters-Leeuw, Lubbeek, Dilbeek, Keerbergen et par toute la commune d'Overijse et toute  la commune de Steenokkerzeel contre la loi qui permet la création de la « Communauté métropolitaine ».

       Ouf !

      La Communauté métropolitaine est présentée comme « le » point remporté par les  Bruxellois  des partis traditionnels - Écolo compris - lors du vote de la 6ème réforme de l’État qu’il faut aujourd’hui appliquer.

    Petit point : cette Communauté doit naître d’un accord de coopération entre les Régions, elle ne sera qu’un lieu de concertation et encore, non obligatoire… La loi qui ne  crée pas cette Communauté métropolitaine  mais permet de lancer les contacts en vue de sa création a été rapidement attaquée par les flamingants qui encerclent Bruxelles. Heureusement la Cour constitutionnelle a rendu un sage arrêt. Cela suffira-t-il pour établir la confiance ??

    Et pendant ce temps là, Bruxelles répare péniblement ses tunnels et viaducs….

  • TRAM 81 ligne centenaire à Bruxelles

     

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       Le n°81 est le plus ancien encore en service.  Les trams ont changé, le tracé très peu depuis 1914. Il reliait la porte de Tervueren à la place Communale de Laeken (Bockstael) par la Chasse, la place Ste Croix (Flagey), la Barrière de St Gilles, la gare du Midi, la Bourse, la gare du Nord et le pont de Laeken (square de Trooz).

    Aujourd’hui, le tram 81 relie  en journée le square Montgomery à l’avenue Marius Renard à Anderlecht.

    Pour fêter dignement cette ligne centenaire, le Musée du Transport Urbain Bruxellois (MTUB) a sorti exceptionnellement ses vieux trams toute la journée, en les insérant dans le trafic normal des trams 81 contemporains. Avec trop peu de publicité, les amateurs étaient pourtant nombreux et bardés d’appareils photos…

    Les vieux trams tiennent très bien la distance, entretenus et conduits avec amour et compétence par les bénévoles du Musée. Regards esbaudis des passants du 1er mai qui semblent heureux de revoir la robe jaune des véhicules !  

    Notons déjà la prochaine festivité exceptionnelle, le lundi 9 juin : retour pour un jour du trolleybus rue Royale, à l’occasion des 50 ans de sa disparition.  

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  • Tarifs De Lijn 65 + la Flandre a bougé.

     

    Fin mars , j’attirais l’attention sur la discrimination entrainée par les différences de tarifs  des transports en commun urbains entre les seniors des différentes régions de notre pays. De Lijn  exigeant la domiciliation en Flandre pour pouvoir bénéficier de la gratuité.

     

    Le groupe des Fédéralistes Démocrates Francophones (FDF) au Parlement bruxellois a lancé une pétition demandant l’égalité de traitement  http://www.lapetition.be/en-ligne/Stib-De-Lijn-stop-a-la-discrimination

     

    Le gouvernement flamand a bougé mi-mai: si les seniors domiciliés en Flandres bénéficient de la gratuité, les Bruxellois et les Wallons peuvent prendre un  abonnement à 36 € au lieu de 232 €. Il y a donc progrès.

    La presse flamande rapporte aussi que la gratuité ne sera pas éternelle pour les flamands non plus. La ville d’Hasselt, si souvent citée en exemple, vient d’y renoncer.

     

    La pétition FDF reste d’actualité en vue d’une harmonisation totale des tarifs pour les seniors.

     

     

  • DEBOUT L'EUROPE

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    Théâtre Opera de Roussé ( Bulgarie)                          


        « Debout l’Europe ! »  est le titre d’un court manifeste co-signé par les députés européens  Guy Verhofstadt et Daniel Cohn-Bendit, suivi d’un entretien avec le journaliste Jean Quatremer. ( Actes Sud-André Versaille éditeur)

       Rien de nouveau, mais une conviction profonde et un  enthousiasme communicatif que je veux vous faire partager à partir de mon  meilleur souvenir de 2012.

      Cet été, j’ai descendu le Danube de Belgrade à la mer Noire. Fille de Meuse, j’ai immédiatement ressenti la connivence des lieux. « Les fleuves sont des grands chemins qui marchent »  disait Pascal.  Quel voyage !

    A Rousé (ou Ruse ou Roustchouk) en Bulgarie, le 19ème siècle européen saute aux yeux, on se  sent chez soi dans la Mitteleuropa. Midhat Pacha, gouverneur turc éclairé à suivi le modèle parisien… mais on parle au moins sept langues  dans la Rousé de l’empire ottoman.

    C’est là que sont nés, d’une famille juive sépharade, les Canetti. Elias Canetti, Prix Nobel de Littérature qui avait la nationalité turque, avant de devenir anglais… tout en écrivant en allemand. Son frère Jacques est  « découvreur » d’artistes francophones, dont Jacques Brel. Son frère Georges, spécialiste de la tuberculose est lié à L’Institut Pasteur.

    « Tout ça, c’est l’Europe, s’exclame Cohn-Bendit. (p.150)

    « C’est ça l’Europe qu’on a détruite lors des deux conflits mondiaux » explique Verhofstadt (p.150)

    Aujourd’hui, l’Europe fédérale et post-nationale est une utopie plausible. Dans le théâtre où se joue la Comédie humaine, « Debout l’Europe » est la plus belle pièce qui reste à écrire.

    Dans cette Europe debout, la Wallonie et Bruxelles ont leur place, debout elles aussi ! C’est mon souhait pour 2013.

  • Fermeture des tunnels : il est où le chaos ?

     

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       Les « experts » relayés par les médias avaient annoncé le chaos dans la ville à l’occasion de la fermeture des tunnels de l’avenue de Tervueren dès ce 11 juin et jusqu’au 15 septembre. L’avenue-autoroute est ramenée à une voie sur une partie de son tracé. Des feux ont reçus de nouveaux réglages, des policiers assurent la circulation.

       Il m’arrive de prendre mon petit-déjeuner en écoutant les communiqués de radio-guidage qui me font savourer le bonheur d’habiter Bruxelles et d’être non motorisée.

    Ce matin, le ton était différent : surprise et stupéfaction. Il n’y a pas d’embouteillages ! Tout au plus, une heure de pointe un peu plus étendue : les prisonniers de l’automobile ont étalé leurs voyages.

       Il faudra tirer les leçons de cette aventure.

     Oui, on peut réduite la place de l’automobile en ville sans provoquer le chaos.

     Oui, la circulation peut être mieux régulée.

     Oui, la gestion du temps et  le télétravail diminuent la pression automobile.

     

       Une question : la STIB peut elle absorber un surplus de voyageurs ?

    Il nous reste quinze jours pour le savoir. Pendant les vacances scolaires, la circulation diminue automatiquement de 20%. Les Bruxellois apprécient cette différence !

     

  • LIEGE : ERNEST ET MIMOUN

     

     

     003.JPG    Ernest de Bavière , Prince-Evêque de Liège s’est éteint il y a 400 ans.  Le Musée du Grand Curtius commémore ce Prince de la Renaissance, admirateur de Paracelse et fondateur de « Bavière ». Un mot qui – à Liège – est synonyme d’hôpital.

        En 1895, Léopold II inaugure les nouveaux bâtiments de l’hôpital de Bavière qui seront démolis à la fin des années 1980. Les pôles « santé » gagnent les hauteurs : l’université construit son C.H.U au Sart Tilman et le C.H.R. nait  à la Citadelle.

      Sur le site de Bavière, il reste une chapelle et le bâtiment d’entrée. De beaux restes. Projets immobiliers ?  Le visiteur est frappé par la « bruxellisation » en cours. Toit éventré, fenêtres ouvertes….  Ernest se retourne dans sa tombe. 

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        Heureusement, la vie et l’innovation se trouvent  de l’autre côté de la rue : « chez Mimoun ».Ce commerçant  intelligent agrandi son éventaire en utilisant le camion sagement garé. Un décor urbain qu’aurait certainement utilisé Georges Simenon, enfant de choeur à la chapelle de Bavière.

     

     

  • A la STIB

     

       Le Gouvernement de la Région de Bruxelles - Capitale a décidé de me nommer comme administratrice à la STIB. Un travail périlleux en ce moment où le même gouvernement contraint la STIB à des économies drastiques et reporte l'espoir de financement des transports en commun à une négociation avec l'Etat fédéral via l'accord « Beliris ».

      Première réunion au nouveau siège de l'entreprise.  L'adresse officielle est rue Royale, mais on entre par la rue des Colonies. Tout un symbole !

     

  • Encore un dimanche sans auto

    Un dimanche de plus sans voiture, journée agréable parfois ensoleillée. Les urbains retrouvent le silence oublié et un peu d’urbanité.

     

    Très bien, mais :

    - Bruxelles, dans ses étroites limites politiques, se retrouve comme assiégée. Aux  frontières, on circule et cela rend les frontières encore plus sensibles.

    - Dès lundi chacun reprend le véhicule dont il ne peut se passer pour de bonnes ou de mauvaises raisons. L’impact pédagogique du dimanche sans voiture est nul.

     

    En fin d’été, j’ai visité Bordeaux. Une ville transformée par une politique radicale de mise à l’écart permanente de la voiture. Pas de piétonniers intégraux, pas d’autoroute urbaine. En permanence, quelques lignes de tram (de beaux véhicules comme les nouveaux trams de Bruxelles) dont la priorité est réelle. Pas besoin de les enfermer dans des sites propres conçus comme des tranchées. L’aménagement de la ville fait que le tram circule sans obstacles. Les voitures roulent gentiment, sur d’autres itinéraires. Plus rarement en centre ville. Des parkings souterrains (souvent vides) accueillent les automobilistes nécessiteux. Partout, piétons, cyclistes, transports en commun, voitures circulent dans le respect de cette nouvelle hiérarchie.

    La ville – née sous les Romains - est vivante. L’urbanité permanente.  

     

  • LIEGE- St-Barthélemy-Expo Jean Del Cour

       Il y a toujours de l'émotion quand on retrouve une d'œuvre d'art qu'on croyait perdue. Je l'ai vécue en direct, à Liège vendredi. Une statue de la Vierge à l'Enfant par Jean Del Cour , propriété d'un collectionneur privé, intégrait ce matin la belle exposition  dans l'Eglise Saint -Barthélemy.

       La mission photographique de l'IRPA (Institut Royal du Patrimoine Artistique dont le siège est dans le Parc du Cinquantenaire) s'est immédiatement mise au travail. La statue, dont on connaissait seulement une vieille photo heureusement conservée au Musée Curtius,  a été identifiée grâce à un appel public lancé par l'auteur du catalogue de  l'exposition : Michel Lefftz. Un collectionneur s'est manifesté : il avait acheté la statue dans les années soixante, sans être certain qu'il s'agissait d'une œuvre de Del Cour.

       Jean Del Cour est un des plus grands sculpteurs de l'époque baroque, né à Liège en 1631.  Elève du maître italien Le Bernin, il est l'auteur des « Trois Grâces » surmontant le Perron liégeois mais aussi de dizaines de statues de la Vierge, de Saints  ou des anges aux silhouettes androgynes enveloppées de drapés qu'on croirait mis en mouvement par le souffle de l'Esprit....

       Une exposition à voir dans la Collégiale Saint Barthélemy, elle -même témoin de l'architecture  romane de style rhéno-mosan et qui abrite une des sept merveilles de Belgique : les Fonts baptismaux en bronze d'une seule pièce du 12ème siècle.

     

    LIEGE, Collégiale Saint-Barthélemy, jusqu'au 3 février  

    Du lundi au samedi de 10h à 17h. Dimanche de 13h à 17h.

  • EXPO: BRUXELLES,UNE VILLE ET SES HABITANTS

        « Bruxelles a bien changé, ras le bol des gros chantiers... » En visitant l'expo qui se tient dans la mezzanine des Halles Saint-Géry, on se rend compte que ce refrain a été chanté par toutes les générations de Bruxellois. Des photos frappantes confrontent la réalité des années septante à celle d'aujourd'hui. Des vues comme peuvent en avoir les oiseaux. On reconnaît chaque maison, chaque îlot comme personne ne peut le voir mais seulement le ressentir dans sa manière de vivre la ville. Apparaît alors la trame de la ville.

        Depuis trente ans, les vides ont été creusés et  remplis. Le plus spectaculaire est le quartier européen et la couverture du chemin de fer autour de l'ancienne gare du Quartier Léopold.

    Les tableaux explicatifs et les cartes  sont  austères (beaucoup d'information en petits caractères) mais très instructifs. C'est l'histoire de la ville qui défile et s'explique.

        Le langage de l'exposition est politiquement très correct. Dans les années soixante-septante, les projets d'autoroutes urbaines ont failli tuer Bruxelles qui a été sauvée par ses habitants mobilisés par l'ARAU (Atelier de Recherche et d'Action Urbaines). Depuis la création de la Région en 1989, tout va beaucoup mieux... et les habitants peuvent dormir sur leurs deux oreilles (à condition d'avoir un logement et de ne pas être gênés par le bruit des avions).

        Lors du vernissage, en l'absence du Ministre Président Charles Picqué, un habitant du quartier du Midi a dénoncé les expropriations et le « flux sortant » des habitants du quartier... La ville, en perpétuelle mutation.

     

    Aux Halles Saint-Géry, 10h-18h, tous les jours sauf lundi, jusqu'au 30 mars.